COMICE AGRICOLE DU CANTON DE VERGT

( extrait des annales agricoles)

 

Le comice de VERGT est fondé en 1840 par M. Labat-Boiras, alors maire de Vergt, interrompu durant quelques années, puis repris en 1860, le comice agricole du canton de Vergt devint très vite un évènement agricole incontournable qui se perpétue encore de nos jours. Pôle économique d'une région encore sans communications aisées avec le reste du département et les  provinces. En 1874, M. le docteur Vayssière laissa son fauteuil de Président à M. O. Pradier.

 Le 17 septembre 1844, le comice de Vergt célébra joyeusement son quatrième anniversaire après une carrière brillante, mais il tomba quand même en léthargie pendant quelques années.

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En 1860, le président entreprit de faire renaître de ses cendres l'œuvre utile inaugurée naguère par M. Labat-Boiras, homme intelligent et dévoué aux intérêts de la commune et du canton Vergt, et dont l'action infatigable et puissamment civilisatrice fut louée à son décès. La meilleure preuve est que l'institution du comice perdure de nos jours.

En 1864, fut institué un concours de métayage qui aboutit à des résultats considérables parce qu'il était le moyen de transmettre les meilleures pratiques entre agriculteurs. En outre, les prix offerts aux vainqueurs étaient particulièrement attrayants pour encourager tout un chacun à participer et à gagner. Ainsi le premier prix pouvait être une pendule rustique et le second une montre en argent; et une somme d'argent était répartie entre les autres concurrents.

En 1865, au concours de métayage, Jean Hénard, métayer de M. Bachon, à Creyssensac remporta le premier prix et le second fut Pierre Bordas, métayer chez M. Bibié-Denain, « Aux Campilloux ».

Au matin du 17 septembre 1869, eut lieu un concours de labourage auquel participèrent 14 bouviers et 3 enfants. Cette manifestation avait un caractère très particulier  car elle permettait de mettre en concurrence les méthodes modernes et anciennes par exemple les vieilles charrues en bois et les nouvelles en fer. Les charrues et araires en fonte ou en fer apparurent plus efficaces, et le résultat de leur travail meilleur que celui des araires en bois. Ainsi, le travail des trois enfants, alors âgés d'environ 12 ans, participant à ce concours, s'avéra meilleur que celui des bouviers adultes qui utilisaient des araires en bois, parce que les enfants disposaient d'araires en fonte.

En septembre 1871, le bureau du comice, encore sous le choc des événements douloureux de la guerre de 1870, encore trop fraîche dans les mémoires, n'avait pas voulu, en organisant une fête, heurter par un amer contraste, le sentiment public, ni porter ombrage au patriotisme que chacun pouvait ressentir.

Les comices étaient un spectacle recherché et apprécié, dans notre région rurale: au signal du début de la compétition, se déroulaient les incidents les plus divers, ici un attelage bien conduit trace un sillon aussi profond que droit, là un autre moins soumis recule devant un sol dont il ne sait pas vaincre la résistance, ailleurs un araire se rompt et entraîne parfois avec ses débris son conducteur infortuné. Des encouragements fusent, partout les clameurs des bouviers dont l'ardeur s'échauffe et s'anime jusqu'au roulement d'un tambour qui met fin à la compétition.

Le comice 1874, célébré à Vergt le 21 septembre, marquait une étape nouvelle dans cette voie du progrès que poursuit activement le comice du canton. Dèsa renaissance qui remonte à douze ans à peine, une lutte active fut entreprise contre la routine et le vieux système. A l'instigation du comice et sous son influence, de meilleurs modes de culture se sont vulgarisés, l'amélioration du bétail, l'augmentation des récoltes, dont les conséquences furent l'amélioration des conditions de vie des agriculteurs qui connurent ainsi une aisance relative. Son action vivifiante qui à déjà porté tant de fruits, s'étend chaque jour davantage; aussi la distribution des primes  est-elle devenue pour le canton une fête importante, une manifestation éclatante des progrès réalisés par l'agriculture et des sympathies, que chacun apporte à l'œuvre du comice. (extrait des annales agricole)

Les colonnes de  la revue "les annales agricoles de 1875" rapportent: "on décrit toujours l'affluence de la population attirée par la solennité, les rues et les maisons pavoisées, les mâts de cocagne empanachés de gigots et de foulards, les pétards et les fusées, et surtout la course aux ânes, dont les péripéties et les accidents ont l'heureux privilège d'exciter toujours, sans lasser jamais, l'hilarité des regardants. Une prime d'honneur sera remise par le capitaine Malafaye, au sieur Lafaye, métayer chez le capitaine Léonard de Chalagnac." Le rapport signale un grand nombre d'améliorations effectuées par ce colon intelligent. C’est ainsi que se perpétuent, depuis 1840 et jusqu'à la fin de ce siècle, les comices qui sont, en quelque sorte, une grande fête agricole, une réjouissance pour toute une population en effervescence et ravie de l'importance que prend la ville de Vergt vis-à-vis du canton; elle améliore son image dans tout le département.

Il y eut parfois quelques problèmes, notamment en 1893 pour des raisons électorales, mais sans préjudice majeur. En revanche, en 1912, le comice connut la crise la plus grave de son histoire, toujours pour des raisons de campagne électorale et de divergences politiques à tel point qu'il y eut, cette année-là, deux comices, l'un "soutenant" une cause républicaine et l'autre royaliste.

 

Quand la politique s’en mêle

Depuis les élections de 1904, avec l’affaire Jeammet, qui étais le maître d’œuvre des grandes réalisation de ce début de siècle ( lire page ?), jugé incompétent et exclut du partenarial municipal, entretenu depuis 1895 avec l’ancienne municipalité, il peu se dire que le torchon brûle dans le giron municipal entre les partisans et les détracteurs.

Les deux comices : Aux élections, M. Jeammet se présente contre M. Brou de Laurière,  alors conseil général. Comprenons que: M. Brou de Laurière, conseiller général, va manœuvrer pour conserver la présidence qu M. Jeammet convoite. Il procède à une véritable mobilisation de sa clientèle électorale, il s’avère que les nouveaux venus n’ont jamais payés de cotisations. Ils sont donc exclut du vote par le président de séance, M. Eyguière, préfet honoraire. Toujours aussi royal, M. Combefreyroux maire de Vergt, s’écrie «  Je prononce la dissolution du comice ». M. Eyguière, alors lui fait observer qu’il ne possède pas le pouvoir pour le faire, il quitte la séance avec De Laurière et Faurie, pour créer une nouvelle société destiné a faire pièce au comice maintenu : ce sera la société d’encouragement de l’agriculture.

Cette nouvelle « société d'encouragement de l'agriculture »  fixera sa fête annuelle…le troisième dimanche de septembre, autant dire à la même date que les vieux comices. Ces gesticulations politiciennes s'accompagnent d'un épisode judiciaire. Le nouveau président, M. Jeammet, accuse son prédécesseur, M. de Laurière, d'être " parti en emportant la caisse " (journal le Nouvelliste du 8 septembre 1912). Le tribunal confirmera et exigera, le 15 mars 1913, la restitution d'un solde de 452 francs assorti de 150 francs de dommages et intérêt. Entre temps Vergt aura connu les plus importants comices de son histoire, avec deux fêtes identiques, le même jour, en deux endroits voisins et concurrents, défendant ou représentant chacun une étiquette électorale pour la conquête future du fauteuil de conseiller général du canton de Vergt. Ce dimanche 15 septembre 1912 auront lieu les fêtes des comices agricoles avec le concours de l'État, du département, de l'Harmonie Sainte Cécile de Bergerac, etc.

Programme de la fête de ce Grand carrousel Périgourdin:

Le matin à sept heures, salve d'artillerie; à neuf heures, défilé de l'harmonie ; à midi et demie mât de cocagne et jeux du tonneau;

L'après-midi, à une heure, jeu de le poêle et course aux sacs; à deux heures, concours de tir et jeux de la crème ; à trois heures, concert de l'Harmonie; concours de bicyclettes fleuries; à quatre heures, course aux ânes, grande cavalcade; à sept heures et demie, illumination générale; Le soir, à huit heures, retraite aux flambeaux animée par l'Harmonie; à neuf heures et demie, grand feu d'artifices, pièces allégoriques, embrasement de la Côte des Soupirs; à dix heures, grand bal public par la commission de la fête des comices sur le Pré de la Liberté.

MM. les directeurs du tramway du Périgord et de la Dordogne ont bien voulu accorder un train supplémentaire pour ce dimanche 15 septembre, jour de la fête, dont l'horaire est ainsi établi : départ de Vergt à 10 h. 30 du soir. (article du journal Le Patriote Périgourdin du 15 septembre 1912).

Les péripéties électorales vont se poursuivre en 1913, M. Jeammet se verra supprimer la subvention annuelle du conseil général en faveur des premières comices, elle sera attribuée, cette année, à la société nouvelle (fête concurrente). Cette décision engendrera de nouvelles tractations politiciennes et judiciaires.

Pour cette année 1913, chacun des présidents candidats tiendront leur fêtes à dates séparées. Puis arrivera la guerre de 1914-1918, qui mettra fin à toutes ces querelles absurdes et inutiles.