
Louis XIII, roi de France, souverain d'une grandeur démesurée, vivait
dans un contraste extrême
vis-à-vis
de la pauvreté de nos campagnes et de nos villages. Ce
fut précisément pour
réduire cet écart incommensurable de niveau de vie, qu'un paysan
nommé Pierre
Grellety, habitant de la commune de Saint Mayme de Péreyrol, petit village
proche de chez nous, fut l'âme de l'agitation paysanne de toute cette région
de Vergt et bientôt du pays tout entier.
Grellety: fils du « pariage » qui devint « l'insigne
capitaine des peuples du Périgord » (Elie de Biran. Le soulèvement
des Croquants en Périgord 1636-1637).
us
grande partie de la forêt.

Documents inédits sur l'affaire Grellety
Déjà plus de trois siècles se sont écoulés depuis la fin des exploits de capitaine Grellety, chef des croquants de la forêt de Vergt. Si la légende s'est emparée de celui qui fut << l'âme de l'agitation paysanne >> dans cette région, on ne doit pas pour autant négliger de rechercher la vérité historique.
Dans le passé, quelques historiens, au cours de leurs travaux d'étude générale sur le Périgord, ont fourni, çà et là, des indications sans doute brèves mais fort précieuses, sur ce fils du pariage qui devint << l'insigne capitaine des peuples du Périgord >>. Il est juste de rappeler que la notoriété de Grellety échoit au regretté Géraud Lavergne qui révéla, en 1931, trois pièces inédites sur le personnage, à savoir: le récit de chevalier de Cablanc, l'interrogatoire criminel et la mise à la question de deux complices de Grellety, l'ordonnance du sénéchal du Périgord contre les derniers croquants (1639).
Au hasard d'une recherche, nous avons pris connaissance de quatre documents aussi variés que curieux, et que l'on peut considérer comme complémentaires de ceux précités. Le premier date du début du XIX e siècle et provient du vieux repaire des Bourboux ( hameau sur la commune de Saint-Paul de Serre et Creyssensac ) où la famille du Mas des Bourboux, l’avait transcris de l’occitan, auprès d’agriculteurs des environs. Le conservait. Rédigé au cœur même de cet attachant pariage boisé et montueux, si secret et combien méconnu, il apporte, en cours à cette époque, une certaine tradition sur Grellety pendant son existence de hors-la-loi.
Grellety, qui vivait au village de Boutina, paroisse de Vergt, << perdit un procès contre de Jaujay, seigneur de Boiras et citoyen de Périgueux, qu'il détestait. >> Pour assouvir sa vengeance, il abattit d'un coup de fusil un serviteur de ce seigneur après lui avoir fait crier, haut et fort, sur un arbre: << M. Jaujay me tue >>. Un paysan n'avait-il point vu, au clair de lune, de Jaujay parler avec la victime ? D'autres témoignages accablaient le seigneur de Boiras. On raconte que couché que, couché avec sa femme, il s'entretenait de ce procès, prenant grand intérêt à de Jaujay, amis, dit sa femme, faisait-il clair de lune ? Il faut vérifier ! Il s'empresse d'ouvrir un calendrier et, plein de joie, il demande, à parler au président et lui fait remarquer combien il est facile de prouver au témoin qu'il vient de mentir, puisqu'il n'y avait pas de clair de lune ce soir là. M. de Jaujay fut acquitté; ce qu'apprenant, Grellety, prit la fuite dans la forêt, car il venait de savoir aussi qu'il était soupçonné en sa qualité d'ennemi du sieur Jaujay contre lequel il avait déjà proféré publiquement des menaces de vengeances. Grellety réunit alors << un grand nombre de bandits qui le reconnurent pour chef >>.
La troupe qui se cachait dans les fosses de la forêt de Vergt, devait recueillir argent et vivres pour subsister ... Une femme, se retirant un peu tard d'un marché de Vergt, rencontrera sur son chemin quelqu'un qui lui demanda si elle n'avait pas peur de Grellety: << je sais, dit-elle, qu'il est dangereux de le rencontrer et je suis un peu un peu inquiète, car j'ai vendu notre cochon, et j'en apporte le prix. Cependant, il lui serait difficile à trouver puisque je l'ai placé sous ma coiffure >>. Aussi tôt fut abattue la coiffure de cette pauvre femme et l'argent enlevé par son interlocuteur qui disparut dans la forêt. C'était Grellety lui-même à qui elle avait confié son secret.

Le résultat médiocre de ce genre d'opération impopulaire incita Grellety à lever un péage sur les personnes traversant la forêt et a frapper d'impôts les habitants du voisinage. C'est ainsi que Haussire, seigneur des Bourboux, était forcé de lui donner, chaque année, un boeuf gras et du blé. Les croquants promettaient le respect des biens et des personnes.
Cette situation exceptionnelle et dangereuse devenait peu à peu insupportable à Haussire, qui résolut de s'emparer de Grellety à l'issue d'un dîner. Sur le coup de sifflet de leur chef qui avait enregistré divers mouvements de domestiques, plusieurs hommes armés parurent dans la cour. Grellety déclara à son hôte: << un autre coup de sifflet mettrait votre habitation en feu, mais puisque vos intentions à mon égard ne sont que douteuses, je me contenterai d'amener deux boeufs au lieu d'un, et double rente en froment, et vous recommande d'être prudent à l'avenir. >>
<<... Le curé d'Eglise-Neuve eut aussi le projet de s'emparer de Grellety : mais comme il ne l'avait pas tenu secret, ce dernier en fut averti. Engagé plusieurs fois à venir dîner au presbytère, Grellety lui promit enfin, mais à la condition qu'il lui en donnerait l'exemple. le curé se rendit auprès de lui; les voleurs s'en emparèrent et le pendirent à un arbre par ordre de leur chef. >>
La maréchaussée poursuit inlassablement, en terrain difficile, l'agile petite troupe qui tend de savantes et meurtrières embuscades. Ainsi Grellety << fit couper plusieurs chênes et rangea de grandes bûches sur deux lignes et dans l'endroit le plus obscur de la forêt. Il les fit couvrir d'habillement, et au moyen de bâtons noircis au feu, il imita des gens armés. >> L'attaque eut lieu comme prévu, mais Grellety et les siens << arrivèrent par derrière les archers qu'ils mirent en déroute.
Enfin le récit s'achève sur l'intervention personnelle du grand prévôt << qui achète un petit domaine à Puyhaut (Puy-naud commune de Grun), village situé environ à deux kilomètres de la forêt, afin de mieux surveiller les voleurs >>. Grellety le nargue en s'emparant une nuit de son troupeau. Déguisé en mendiant barbu errant dans la forêt, le grand prévôt est enrôlé par les croquants. Pau après, il s'enfuit connaissant les caches, le nombre de soldats, les moyens de défense et le domicile de Grellety. Il revient en force, par surprise.
<< Grellety fut enfin mis en déroute et plusieurs de ses voleurs furent condamnés au supplice. On raconte qu'en montant sur l'échafaud, ils demandaient pardon a dieu et aux hommes, mais jamais au grand prévôt qu'ils disaient traître et aussi coquin qu'eux... La tradition ne dit pas ce qu'est devenu Grellety...>>.
( document relevé dans les revus de la B.S.H.A.P. )
« La fable du croquant croqué »
C’est le croquant parfait, authentique. A la différence de son collègue Jacquou, pure invention de la plume d’Eugène Le Roy, Pierre Grellety, en plein XVII siècle, va transformer la forêt de Vergt entre Bergerac et Périgueux – en imprenable citadelle verte. Il devient une sorte de Robin des bois, membre, avec Cartouche et Mandrin, du cercle des va-nu-pieds réunis. Il nargue les nobles, rançonne les bourgeois, bafoue les autorités. sauf Louis XIII.
Un roi pleurnichard. Un roi coliquard qui laisse gouverner le pays par sa mère et Richelieu. Avec 200 laboureurs contre 8000 soldats royaux, Grellety, au jeu du loup et de l’agneau, se révèle trois années durant un redoutable stratège, un maître de l’embuscade. Toujours présent. Toujours insaisissable. C’est un maquisard avant le maquis, un opposant farouche à l’armée d’occupation. On comprend, dès lors, pourquoi en 1967 les résistants périgourdins apposeront sur la place de son village natal, Saint-Mayme de Pereyrol, une plaque « au combattant de la liberté ».
L’histoire de Grelletty s’arrête en 1643 à Vercelli, en Piémont, ou il meurt peu de temps après sa nomination de gouverneur. Un exil déguisé en promotion, pour le prix de sa reddition. Il avait lutté pour défendre son foyer contre le soldat, sa terre contre le seigneur, son droit contre les abus de l’impôt. Invité à la table, on le couvre de plumes. Mais c’est lui que l’on va plumer. Là commence la fable du croquant croqué.

Notification de la bibliothèque de Vercelli qui confirme que Pierre Grellety, n’a jamais été gouverneur de cette province. (Information fournie par M. Jean Bouchereau historien à Château l’évêque)
Chacun y vas de sa plume, et nul sait où se trouve la vérité ?
La
forêt et surtout le Paréage sont leur domaine de prédilection et rien, même pas
l'armée du roi, n'arrivera a passer leurs barricades.
Pour en finir définitivement avec cette révolte le cardinal de Richelieu trouve
une solution avec Pierre Grellety. Lui et sa troupe entreront dans Bergerac avec
fanfares et clairons pour fêter la fin de la révolte.
En contrepartie le cardinal offre a Pierre Grellety le capitanat et un régiment
compose des ses hommes. Il devra défendre une place forte en Italie.
Lors de son entrée dans Bergerac Pierre Grellety rencontre la fille d'un avocat
avec qui il échange sa foi.
Peu de temps après sa prise de fonction il enverra son frère demander la main de
sa promise. Elle le rejoindra pour la célébration des noces. Mais leur bonheur
sera de courte durée car Pierre Grellety décédera au front d'Italie.
(Extrait "Des chien sauvages" de Michel Peyramaure)
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Un peu d'histoire de la province de Vercelli
A la mort du
marquis de Monferrat, en 1631, les Savoyards réussirent à prendre possession des
territoires. Le Duché de Savoie devint le royaume de Sardaigne.
Au 17e sicèle, ce sont les espagnols qui occupèrent la ville, aidés par les
français.
Au 18e siècle, rétablissement des Savoie. L'organisation de l'agriculture et le
développement des voies de communication (cols du Saint Bernard, Col du Mont
Cenise) favorisant le commerce avec la France, la Suisse et la Lombardie permit
un trés grand développement de la région.
En 1802, le Piémont devint un département français, grâce aux victoires
militaires de Napléon.
Dés le 18e siècle, la Révolution Française, puis l'empire napoléonien vit
l'occupation française. C'est au 19e siècle, depuis Turin, que s'est forgée
l'unité du royaume d'Italie, dont Turin fut capitale, durant 4 ans.
En 1831, avènement du roi Charles-Albert et début du Risorgimento. Fondements de
l'unité italienne avec la création du Conseil d'état et de grandes écoles,
réformes de l'administration et du Code Civil, promulgation de la Constitution.
En 1861 (le 14 mars), création du royaume d'Italie, dont Turin devint la
capitale, jusqu'en 1865.